11 septembre 2007
ayouz mohamed
La musique dans la vie: Idernan, la fête de l'Anti-Atlas
"A l’herbe des prés, l’amandier en fleur a dit : A quoi bon désirer l’eau ? Ô fleur, voici l’abeille !"
Lorsque les amandiers en fleurs donnent aux vallées de l’Anti-Atlas leur aspect presque riant, et au moment où commence le gaulage des olives, la fête des Idernan a lieu juste après le jour de l’an du calendrier julien. C’est "Rass El âm", cette "porte de l’année agricole" qui s’ouvre au premier jour du calendrier julien –correspondant au 13 janvier – et donne le coup d’envoi des fêtes saisonnières qui permettent aux vallées de l’Anti-Atlas de passer progressivement de la léthargie hivernale à la renaissance printanière. Comme les petites pousses en cette période ont besoin de pluie, ces rituels sont en fait autant de prières de rogations.
Pour assister à la fête des Idernan, nous nous sommes rendus au village de Tagdicht, au sommet de Jbel El Kest qui surplombe Tafraouat et la célèbre vallée d’Ammeln. Le village escarpé de Tagdicht fait partie de la tribu des Aït Smayoun qui fêtent les Idernan après Igourdan et Taguenza. Et voici, selon le chef du village, pourquoi cette fête commence à Igourdan : "Il y avait la famine, et on guerroyait entre villages, entre tribus. Les Ouléma du Souss se sont alors réunis à Igourdan.
Ils ont cherché à établir une trêve pour que les gens puissent faire leur marché en paix. Ils ont appelé cette trêve, la trêve d’Idernan. Deux représentants de chaque douar avaient signé ce pacte qui stipule que quiconque veut aller à un douar ne doit pas être porteur d’une arme. Cette fête mettait aussi fin à l’opposition entre le "leff" des Tahougalt et celui des Tagouzoult.
Ces deux "leff" ont toujours été en opposition dans le Souss. Idernan est donc venu comme une fête qui marque la fin des hostilités entre les deux "leff". On fête Idernan en offrant des crêpes aux invités. Les femmes arrivent le jeudi, les hommes le vendredi. On commence à danser l’Ahouach l’après-midi et on termine tard le soir."
Au jbel El Kest, les Aït Smayoun célèbrent la fête des beignets, une fête que célèbrent aussi, à tour de rôle, la plupart des tribus de l’Anti-Atlas ; les Ammeln, les Aît Souab, les Ida Ougnidif, les Ida Ou Samlal, les Ida Ou Baâkil... La fête des Idernan (beignets faits de pâte molle que l’on cuit dans un plat à pain enduit au préalable d’huile d’Argan) commence chez la tribu des Ida Ou Samlal le 15 janvier.
Les autres tribus la célèbrent à leur tour et cela dure jusqu’à la mi-mars. Chez les Aït Souab, on fête les Idernan le 12 février. C’est une fête qui dure trois jours : le jeudi, le vendredi et le samedi. Au second jour de la fête, la fraction se réunit en un lieu choisi et y fait Ahwach.
Après avoir mangé ses Idernan, la tribu se rend à la grande place d’Assaïs pour y chanter, danser et faire ses vœux. On dit alors : "S’il pleut au moment d’Idernan, l’année agricole sera bonne, parce qu’à cette époque, l’orge a soif".
Autre coutume de ces tribus de l’Anti-Atlas : la fête annuelle des R’ma, confrérie de tireurs. Les membres de chaque faction se réunissent chez leur chef et exercent leur adresse après avoir festoyé et psalmodié la prière d’usage. Cette tradition des R’ma est en voie de disparition parce que dans ce creuset de l’émigration, dans beaucoup de villages, il ne reste plus au pays que les femmes et les enfants.
Les hommes qui vivent du commerce dans le villes côtières et à l’étranger reviennent pour cette fête saisonnière pour marquer leur attachement à leurs racines culturelles, mais ils ne sont plus les dépositaires des traditions culturelles locales : Ils font appel pour l’Ahouach à des hommes venus de tribus qui sont restées plus attachés à la terre nourricière. Les femmes particpent à la fête en se couvrant du "Chach", ce voile collectif qui semble être une tradition inspirée par les zaouias et les vieilles écoles coraniques de la région. Ce voile collectif imposé par les hommes limite l’expression chorégraphique des femmes.
Le Souss se répartit ainsi en deux sortes de tribus : celles dont l’Ahwach des femmes se déroule sans voile et qui excellent dans la danse et le chant tel "Ighrem". Et celles dont l’Ahouach des femmes est recouvert d’un voile collectif comme on a pu le constater à Aït Smayoun. Ici le corps des femmes est marqué d’interdits. On nous a même empêché de filmer les femmes spectatrices ainsi que l’espace intérieur réservé aux femmes. De manière symbolique, le seuil (Atba) marque encore la limite à ne pas franchir.
Grâce à ce fabuleux voyage dans l’Anti-Atlas, pays des Agadirs et des Ighrems, greniers collectifs séculaires, nous rendons hommage à l’enfant prodige du pays : le poète Mohammed Khaïr-Eddine et au grand Mokhtar Soussi.
ayouz
oussman
OUSSMAN un groupe qui a modernisé la musique amazighe
le groupe Usman présente une expérience singulière dans l’histoire de la musique moderne au Maroc. Usman est d’abord le fruit d’un travail culturel d’une association amazighe, l’Association marocaine de la recherche et de l’échange culturel (Amrec). Poussée par la situation marginale de la culture amazighe dans le Maroc indépendant, l’équipe animatrice de l’Amrec décide de créer un groupe musical pour porter au grand jour ses préoccupations culturelles. Le groupe porte d’abord le nom de Yah. Il est le prolongement d’une commission de musique créée au sein de l’association par Ali Moumeni et Brahim Medrane. Dès 1974, Yah tourne dans les mariages et reproduit les chants anciens. Le 29 mars 1975, Yah donna son premier et ultime grand concert à Rabat au Théâtre Mohammed V. À l’issue du spectacle, les responsables de l’association, confortés par le succès du concert, décident de renommer le groupe. Usman (Éclairs) est né et se compose de six membres : Ammuri Mbark, Said Bijàaden, Said Butrufin, Belàid el-Akkaf, Tarik el-Maàrufi et Lyazid Qorfi.
Dès sa constitution, Usman a opéré un tournant décisif dans la musique amazighe. Le groupe interprète la poésie moderne que composent certains membres de l’Amrec, tels Azayku, al-Jachtimi, Akhyat et Moustawi. Les thèmes abordés sont alors l’amour, l’exil, l’identité... Outre des concerts dans les grandes villes, Usman effectue des tournées dans certaines régions du Sud, comme Taroudant au printemps de 1975. Deux 45 tours sont enregistrés en 1976. Un tournée européenne les mène sur les planches de l’Olympia à Paris les 5 et 6 février 1977.
Le succès d’Usman n’a pas été le fruit du hasard. Outre la qualité des poèmes chantés, le groupe se distingue par des arrangements modernes inspirés des rythmes anciens. Usman a également chanté dans trois parlers de la langue amazighe : tachelhit, tarifit et tamazight.
Suite à des dissensions au sein du groupe, Usman se sépare en 1978. Le soliste vocal du groupe, Ammuri Mbark, commence alors une carrière solo
ayouz
Mazagan à Dakhla - L'Union de la Fusion
Le Festival de Dakhla en sa première édition a connu une forte participation de la nouvelle scène musicale marocaine. , H-kayne, Mazagan Amarg fusion & Darga on fait les moments fort de cet événement.
La soirée de clôture de dimanche 11 mars a été ouverte par "Mazagan" qui a mis le feu parmi les dizaines de milliers de spectateurs qui sont venu dès la fin d'après midi sur place pour de grands moments de fête.
De droite à gauche:Nabil Sakhra de Darga, issam Kamal de Mazagan et Mouhssine Foulane de Amarg.
l'ambassadeur du chaâbi-groove a bien été au rendez vous en présentant une musique plurielle, ouverte et dynamique à l'image du Maroc d'aujourd'hui en général et du public de Dakhla en particulier qui a été très réceptif et interactif.
Moment fort de la soirée: Mazagan, pour la fin de sa prestation, a inviter sur scène ses confrères soussis d'Amarg fusion et ceux casaouis de Darga pour interpréter ensemble "A labess", un titre du répertoire populaire marocain. La fusion a donc pris toute son ampleur en cette synergie de groupes qui a symbolisé avec succès l'union des marocains du nord au sud.
Mazagan vous donne RDV: le 23 Mars à Fès (la salle du complexe Al Houria) un concert organisé par l'institut français de Fès.
De droite à gauche:Nabil Sakhra de Darga, issam Kamal de Mazagan et Mouhssine Foulane de Amarg.
l'ambassadeur du chaâbi-groove a bien été au rendez vous en présentant une musique plurielle, ouverte et dynamique à l'image du Maroc d'aujourd'hui en général et du public de Dakhla en particulier qui a été très réceptif et interactif.
Moment fort de la soirée: Mazagan, pour la fin de sa prestation, a inviter sur scène ses confrères soussis d'Amarg fusion et ceux casaouis de Darga pour interpréter ensemble "A labess", un titre du répertoire populaire marocain. La fusion a donc pris toute son ampleur en cette synergie de groupes qui a symbolisé avec succès l'union des marocains du nord au sud.
Mazagan vous donne RDV: le 23 Mars à Fès (la salle du complexe Al Houria) un concert organisé par l'institut français de Fès.
ayouz
Amarg Fusion
Leur parcours : C’est un groupe composé de 7 musiciens où guitare, outar et ribab se marient avec perfection. Le groupe présente son style comme de la world music. Leur musique est un mélange harmonieux de rythmes occidentaux et de musique marocaine venue tout droit de la vallée du Souss. Crée en 2002, le groupe est déjà confirmé de par son expérience, sa maturité et sa maîtrise des chants des Rwayes. Leur but ultime est de fusionner la musique amazighe avec des rythmes modernes pour lui donner une dimension universelle.





